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DE LA VILLE DE PARIS.
" Si est ce que l'on n'en a pas faict grande conte­nance.
"L'effroy a estétosl appaisé.
" Si quelques ungs ont faict transporter leur biens, ce a esté bien secrètement, et ne s'en est l'on ap­perceu.
"Mesmes a couru un grant bruyt et continue lon­guement que la place n'estoit prise.
"Que tous les effroys cesseront tousjours pour la
presence du Roy ou quant l'on aura bonnes nouvelles de luy ;
"Car sur toutes choses, il est desiré el aymé par ceulx deicesle Ville qui est sa ville cappitalle, son principal domicille, le trône de sa Majesté.
«Et ne scauroit estre trouvé mauvais que, pour l'amour et dilection filiale que ceulx de ceste Ville portent au Roy, ilz envyent sa presence à toutes les aultres villes et lieulx de ce monde. "
CXVII. — Lettres envoyées à Monseigneur le Connestahle, dè par la Ville.
28 novembre 155 2. (B fol. 61 r°.)
"Monseigneur, nous avons n'a gueres rescript au Roy et à vous t1', pensans que le sr de Longchamp deust faire plus long séjour par deçà; et pour ce qu'il re­tourne promptement par devers le Roy et vous, il a semblé bon à Monsr le reverandissime Cardinal de Bourbon d'escripre aud. Sr et à vous plus amplement lettres de remerciment et de trés humbles actions de grace, que nous luy rendons pour le bien el honneur qu'il luy a pleu nous faire de tenir en si grande et singuliere affection, laquelle il demonstre à sa ville de Paris et habitans d'icelle.
«Led. sr de Longchamp a voulu avoir responce par escript signée de. nostre Greffier, ce que luy avons accordé, ll le pourra trop mieulx dire de bouche aud. Sr et à vous ce qui en est par escript.
"Monseigneur, nous prions nostre Createur vous donner sa grace, et en santé bonne vie et longue. .
"A Paris, ce xxvme Novembre m vc lu.
"Voz trés humbles, obéissans serviteurs,
"Les Prevost des Marchans et Eschevins de Paris f2'."
CXVIII. — Responce aux lettres de Monseigneur le Connestable.
3o novembre 1552. (B fol. 62 r°.)
"Monseigneur, nous avons receu vostre lettre es­cripte à Reims le xxvicjour de ce moys'3', apporté par monsr le contrerolleur Tallon, lequel auparavant nous avoit tenu quelque propos de ce qui est porté et contenu par vostredicte lettre; mais nous n'avons osé vous en faire responce ne vous en escripre au­cune chose, ne sachans certainement que vous en povoit escripre.
"Vous sçavez que, sans rescription ne aultre man­dement, nous avons, au moys de juing dernier passé, fourny cinquante cinq milliers de salpeslre, dont nous n'avons aucunement esté appoinctez ny remboursez; et pensons bien certainement que ce n'a esté que la faulte d'en faire la .poursuitte. Mais sy ainsy estoit qu'il vous pleust nous en faire rembourser, nostre intention est et a esté d'employer tous les deniers en achapt d'aultres salpestres, pouldres et municions, sans convertir les. deniers ailleurs. Et pour
autant qu'il estoit et est mal aysié d'en trouver par deçà, nous avons fort prié monsr d'Estre, qui nous a faict ce bien, de nous venir veoir et regarder ce dont nous estions fournys, de nous en enseigner où nous en pourrions trouver, en esperance d'y employer les deniers que nous entendions et entendons retirer, si c'est le bon plaisir du Roy et le vostre ; et n'y avons jamais faict aultre difficulté, sinon que nous ne vou­lons pas marchander ne convenir de pris que nous n'ayons de quoy payer promptement ou bien que nous ne soyons asseurez du payement.
"Nous serions bien merriz que noz pauvrelez et indigence feussent congneues et inlendues (sic) par aultres que ceulx qui les doivent entendre et con­gnoistre : sy est ce que nous ne fauldrons à faire telle et si bonne contenance qu'il appartient et qu'il est raisonnable estre faicte par une telle ville. De nostre part vous congnoislrez ainsy que la verité est telle
C Ces deux lettres, en date du a5 novembre, sont respectivement transcrites aux articles ci-dessus CXII et CXIU. C Le bas de la page est demeuré en blanc au Registre, ainsi que le verso du folio 61. (1> Ces lettres n'ont pas été transcrites au Registre.
io.